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Nouvelle recette pour le vieillissement : la recherche relie l’alimentation et l’inflammation à la fragilité

Histoire originale de Casey Irvin

Une nouvelle étude menée par des chercheurs de l’Université McMaster aide à expliquer, au niveau moléculaire, comment ce que nous mangeons peut influencer la fragilité avec l’âge.

Une nouvelle recherche menée par des membres de l’Institut McMaster pour la recherche sur le vieillissement à partir de données de l’Étude longitudinale canadienne sur le vieillissement (ÉLCV), montre que l’inflammation est un lien critique entre ce qu’une personne mange et son risque de fragilité en vieillissant. Ces résultats marquent une étape importante dans le travail visant à promouvoir un vieillissement en santé grâce à la nutrition et à des régimes de santé personnalisés.

Pour l’étude, publiée dans npj Aging, l’équipe de recherche a examiné des métabolites trouvés dans des échantillons sanguins provenant de près de 10 000 ÉLCV des participants âgés de 45 à 85 ans. Les métabolites sont des molécules, comme les vitamines et les acides aminés, impliquées dans les réactions à l’intérieur des cellules qui génèrent de l’énergie, des changements de signal ou créent des tissus corporels. Parce que différents aliments fournissent différents ensembles de métabolites à notre corps — par exemple, les fruits et légumes ont une signature métabolomique différente de la viande transformée — les chercheurs peuvent en apprendre davantage sur l’alimentation globale d’une personne en observant les groupes uniques de métabolites présents dans son sang.

« Comprendre les racines de la fragilité est important dans le vieillissement », affirme Parminder Raina, chercheur principal de l’étude et le ÉLCV. « Quand les gens ont du mal à se remettre de facteurs de stress comme une chute ou une chirurgie à cause de leur fragilité, leur vie peut changer de façon significative. »

Cette étude est la première à examiner les liens entre l’alimentation, l’inflammation et la fragilité à cette échelle, en utilisant des données métabolomiques provenant d’une cohorte large généralisable à l’échelle nationale. En reliant les données sur les métabolites avec les mesures de la fragilité et de l’inflammation des participants provenant de la ÉLCV, les chercheurs peuvent identifier des liens entre ces facteurs, y compris des métabolites connus pour augmenter ou réduire l’inflammation. L’étude montre que les personnes ayant des niveaux plus élevés de plasmalogènes et d’acides gras furan provenant d’aliments à base de protéines, ainsi que celles ayant des métabolites anti-inflammatoires provenant des fruits, légumes, noix et légumineuses, présentaient un risque de fragilité réduit, tant directement que parce qu’elles présentaient aussi une inflammation moindre. Inversement, un ratio plus élevé d’acides gras polyinsaturés oméga-6 à oméga-3, indiquant un régime riche en poisson et en œufs, ainsi que des niveaux plus élevés de trans-4-hydroxyproline provenant de viande transformée augmentaient le risque de fragilité grâce à des mécanismes pro-inflammatoires.

« Nos résultats suggèrent que les aliments que nous consommons affectent la fragilité non seulement par des nutriments individuels, mais aussi par des processus métaboliques connectés qui influencent l’inflammation et le vieillissement », explique Talha Rafiq, auteure principale de l’étude et chercheuse postdoctorale au Département de recherche en santé, méthodes, preuves et impact à McMaster. « Une alimentation saine devrait se concentrer sur l’équilibre des nutriments et leur collaboration, plutôt que sur les nutriments individuels seulement. »

« Nous pourrions, avec le temps, aider à réduire ou retarder la fragilité grâce à des plans nutritionnels personnalisés qui s’attaquent aux sources d’inflammation tout en encourageant les gens à ajouter plus de nutriments anti-inflammatoires à leur alimentation », note Raina. « Cette recherche est une étape importante pour faire progresser la nutrition vieillissante vers plus de précision et de personnalisation. »

Financement de la ÉLCV est fourni par le gouvernement du Canada par l’entremise des Instituts de recherche en santé du Canada (IRSC).

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