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Comment McMaster fait progresser le vieillissement en santé grâce à la recherche, aux partenariats et à l’impact

 

Le technicien de recherche Alexander Tough, à gauche, travaille avec Parminder Raina, chercheur principal de l’Étude longitudinale canadienne sur le vieillissement, dans un laboratoire du ÉLCVSon siège social est le parc d’innovation McMaster

Histoire originale de McMaster News, écrite par Lisa Polewski

Tout le monde vieillit, mais beaucoup ne vieillissent pas bien. C’est pourquoi les chercheurs de McMaster se concentrent sur ce qui cause les différences entre personnes âgées, afin que plus de gens puissent vivre plus longtemps et en meilleure santé.

Une partie importante de cette recherche est l’étude longitudinale canadienne sur le vieillissement (ÉLCV), une étude de 20 ans recueillant des données détaillées sur plus de 50 000 Canadiens.

C’est la plus grande et la plus complète étude de ce genre au pays et elle constitue une ressource de recherche mondiale essentielle depuis son lancement en 2011.

Les chercheurs recueillent de nombreuses informations sur la santé physique et la biologie, la fonction cognitive, la mobilité, ainsi que les contextes sociaux et environnementaux, créant ainsi une base inégalée pour comprendre comment les gens vieillissent au fil du temps.

« Nous avons recueilli des données inégalées par leur profondeur et leur ampleur, et des chercheurs de McMaster et de partout au Canada utilisent ces données pour produire une science de la plus haute qualité », explique Parminder Raina, chercheuse principale de la ÉLCV et directeur scientifique de l’Institut McMaster pour la recherche sur le vieillissement (MIRA).

« C’est pourquoi des chercheurs du monde entier viennent à ÉLCV.”

Financé par le gouvernement du Canada, les Instituts de recherche en santé du Canada et 11 universités partenaires, le ÉLCV est l’un des plus grands investissements nationaux dans la recherche sur le vieillissement à l’échelle mondiale.

McMaster sert de base principale à l’étude, abritant son centre de coordination, un important centre de collecte de données ainsi que le Centre de biodépôt et de bioanalyse, le centre national de stockage et d’analyse d’échantillons biologiques.

Cette étude est une pierre angulaire du leadership de McMaster en recherche sur le vieillissement et constitue une plateforme fondamentale qui soutient la mission de MIRA d’améliorer la vie des personnes âgées grâce à la recherche interdisciplinaire, à l’innovation et à des partenariats significatifs.

Depuis son lancement en 2016, MIRA a réuni des chercheurs des six facultés de McMaster pour aborder le vieillissement comme un processus complexe et interconnecté qui inclut des facteurs biologiques, cliniques, psychologiques, sociaux et environnementaux.

C’est une approche qui reflète la réalité vécue du vieillissement et permet des solutions qui vont au-delà des disciplines traditionnelles.

« Le vieillissement ne se fait pas en silos », dit Raina.

« Si tu te concentres sur une seule dimension, tu rates des facteurs essentiels de santé et de bien-être. MIRA réunit ces perspectives pour générer des connaissances pouvant se traduire en impact concret. »

Les personnes âgées, les aidants et les communautés sont des partenaires clés dans la recherche en cours à MIRA afin de s’assurer que les découvertes mènent à des solutions pertinentes, exploitables et équitables.

« Si les interventions ou technologies ne sont pas conçues et testées avec personnes âgées en tête, ils sont peu susceptibles d’être efficaces », explique Raina. « L’engagement garantit que notre recherche améliore véritablement des vies. »

Traduction des connaissances et impact public

Le portail Optimal Aging est la plateforme phare de MIRA pour la traduction des connaissances et l’engagement du public, fournissant des informations fiables et en langage clair sur le vieillissement, fondées sur les recherches les plus récentes de McMaster et de partenaires mondiaux.

« Générer des preuves n’est qu’une partie de notre responsabilité », dit Raina. « Nous avons aussi la responsabilité de nous assurer que les gens comprennent et utilisent ces preuves dans leur vie quotidienne. Le Portail d’Âge Optimal nous permet de faire exactement cela. »

Le portail soutient personnes âgées, les aidants, les professionnels de la santé, les organismes communautaires et les décideurs politiques à travers des articles, des vidéos, des webinaires et des ressources sélectionnées. C’est un élément clé de l’engagement de MIRA à rendre la science plus accessible au public.

La mobilité comme fondement pour un vieillissement en santé

La mobilité, sous toutes ses formes, est l’un des plus forts indicateurs d’indépendance, de santé et de qualité de vie pour personnes âgées.

MIRA, reconnu internationalement pour la recherche sur la mobilité, suit plus de 1 500 participants sur plusieurs années utilisant des appareils portables dans le cadre de l’étude McMaster Monitoring My Mobility ou MacM3.

C’est la première étude de ce genre, intégrant à la fois le GPS et les accéléromètres, pour explorer comment et pourquoi les gens perdent mobilité en vieillissant et pour identifier les signes avant-coureurs précoces de problèmes de santé graves à l’avenir.

L’étude, dirigée par Marla Beauchamp, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en mobilité et vieillissement et professeure agrégée en sciences de la réadaptation, est soutenue par une équipe interdisciplinaire de chercheurs de McMaster.

Beauchamp collabore également avec l’Organisation mondiale de la santé pour développer des indicateurs de mobilité mondiale personnes âgées et des directives pour la surveillance de la santé des populations.

« D’un point de vue scientifique, nous avons besoin de mesures standardisées et objectives de la mobilité », explique Raina. « Les technologies portables nous permettent de générer des données qui peuvent être comparées entre études, populations et systèmes de santé. »

L’un des programmes de recherche interdisciplinaire phares de MIRA est EMBOLDEN (Enabling Mobility, Balance, and Resilience in personnes âgées), qui vise à comprendre et à traiter les facteurs complexes qui contribuent au déclin de la mobilité, aux chutes et à la perte d’indépendance.

Dirigé par Rebecca Ganann, professeure agrégée en sciences infirmières, le programme met l’accent sur la traduction et la mise en œuvre des données dans la pratique, les programmes communautaires et les politiques.

Recherche intergénérationnelle et vieillissement fonctionnel

Le vieillissement peut varier énormément d’une génération à l’autre, certaines personnes étant plus susceptibles aux maladies cardiovasculaires, au cancer, aux troubles mentaux, au diabète et à la démence que d’autres — malgré les mêmes facteurs de risque.

Le MIRA-iGeN (Intergenerational Study on Aging) examine comment les relations, les ressources et les expériences à travers les générations influencent la santé, la résilience et les trajectoires de vieillissement.

Dirigée par Raina et Andrea Gonzalez, professeure agrégée au département de psychiatrie, l’étude explore comment la structure familiale, les soins soignants, les liens sociaux, l’éducation, le travail et les conditions socioéconomiques influencent le vieillissement.

« Comprendre ces liens nous permet de concevoir des interventions qui soutiennent les individus, les aidants et les communautés ensemble », explique Raina.

MIRA dirige des programmes majeurs en santé cérébrale et vieillissement cognitif, en s’appuyant sur les données longitudinales, les biomarqueurs, la neuroimagerie et les évaluations numériques pour identifier les facteurs de risque précoces et les voies de protection contre le déclin cognitif et la démence.

L’institut fait également progresser la recherche sur la douleur et la santé musculosquelettique, reconnaissant la douleur chronique comme un moteur majeur de incapacité, mobilité réduite et qualité de vie diminuée parmi personnes âgées.

Équité, partenariat communautaire et le MIRA | Dixon Hall Centre

L’engagement de MIRA envers l’équité a amené l’institut à s’associer à Dixon Hall, un organisme communautaire qui s’adresse aux personnes vulnérablespersonnes âgées dans le centre-ville est de Toronto — l’une des zones urbaines les plus diversifiées culturellement et linguistiquement au Canada.

« Trente-quatre langues sont parlées dans un rayon de 13 kilomètres autour de Dixon Hall », dit Raina.

« Beaucoup de résidents font face à des défis liés au logement, à l’accès aux soins de santé et à l’environnement bâti. Ces populations ont historiquement été sous-représentées dans la recherche et il est essentiel de combler cet écart. »

Réalisé par Beauchamp, le MIRA | Le Dixon Hall Centre ancre la recherche dans l’expérience vécue et génère des preuves pour éclairer des services, des politiques et des modèles de soins plus inclusifs.

Se préparer à un monde vieillissant

D’ici 2035, près d’un quart de la population canadienne aura plus de 65 ans, un changement démographique reflété à l’échelle mondiale. Raina considère cela comme un succès de la santé publique et de la médecine — mais qui nécessite des réponses équitables fondées sur des preuves.

« Comprendre le vieillissement est essentiel », dit Raina. « Mais le véritable impact survient lorsque nous changeons de trajectoire, aidant les gens à rester mobiles, indépendants et engagés en vieillissant. C’est là que MIRA est devenu un leader mondial. »

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